09.08.2010
COMME UN GOÛT D'IMPUISSANCE !
COMME UN GOÛT D’IMPUISSANCE !
J’aurais pu choisir un autre titre pour introduire cette note, consensuel ou virulent à quoi bon ? Celui-ci s’est rapidement imposé à mon esprit : c’est le seul qui résume à mes yeux ce qui ressort de la prestation livrée par les Dragons Catalans hier après-midi face aux loups de Warrington. C’est ce qui restera dans les esprits et dans les gorges, des intentions sans concrétisations, des soupirs d’espoir étouffés par des râles de désespoir.
Malmenée, piétinée, blessée dans son orgueil et dans sa chair, l’équipe sang et or s’est inclinée en dix minutes montre en main, le ton était irrémédiablement donné.
Exsangue, hagarde, maladroite, trop approximative dans tous les compartiments du jeu et comme spectatrice de ses manquements pour endiguer la marabounta jaune et bleue elle a subi les assauts en règle de treize loups impitoyables, arque boutée dans une défense stérile.
Mais où sont-ils les Dragons fringants d’il y a deux semaines face à ces mêmes loups ? Ceux là mêmes qui leur avaient donné la correction et qui viennent de recevoir en réponse une leçon de rugby éblouissante.
Car oui les Loups de Warrington ont été éblouissants ! Tout leur a réussi mais il n’y a pas que cela ils ont déroulé un rugby à XIII pur, limpide et efficace. Neuf essais à deux : c’est le cours magistral tout simplement, c’est l’étudiant en doctorat face à un étudiant en première année de deug, avec en prime les travaux pratiques pour démontrer, si besoin était, les détails du cours au béotien.
Hélas trois fois hélas, encore une fois la preuve vient d’être faite que le rugby à XIII français est au ras des pâquerettes malgré tout le mal qu’il se donne pour figurer en place respectable. Cette persévérance à tendre vers l’excellence l’honore, mais ses trop peu profondes fondations ne peuvent soutenir l’édifice en construction.
Oui hier les Dragons Catalans ont bel et bien été impuissants, c’est ainsi, on a cru avec eux que l’embellie des deux derniers matches serait suffisante pour propulser l’équipe à Wembley, ce ne fut pas le cas mais que c’était bon de le croire, c’était trop bon et trop beau.
J’ajoute afin qu’il n’y ait aucune équivoque que je ne blâme personne, d’une part parce que je n’ai aucune légitimé pour cela et d’autre part parce que je connais beaucoup de ceux qui se battent pour les Dragons Catalans et pour que le rugby à XIII soit la seule alternative à l’autre rugby.
Dimanche prochain les Harlequins de Londres viendront défier les Dragons à Gilbert Brutus, j’y serai, à ma place, pour les soutenir et ce jusqu’au dernier match. Pourvu qu’ils aient retrouvé de leur superbe.
17:05 Publié dans humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dragons catalans, carnegie challenge cup
05.07.2010
FAUT-IL EN RIRE OU EN PLEURER ? TELLE EST LA QUESTION
FAUT-IL EN RIRE OU EN PLEURER ? TELLE EST LA QUESTION.
Certes, nul au fond voire au tréfonds de soi ne croyait un seul instant à une victoire fut-elle sur le fil du rasoir, quoique, 7612 spectateurs hormis un contingent relativement fourni de supporters des Warriors s’étaient déplacés dans cet objectif.
Certes, la température étouffante et le soleil furent des acteurs qui ont pesé sur le déroulement du match. Cela nous change de la rosée hivernale ....
Certes, les Warriors sont une grande équipe avec de grands joueurs aux grandes épaules, aux grandes mains dont ils savent jouer sans compter et généreusement nourris à l’herbe verdoyante des pelouses bien arrosées des sujets de sa gracieuse majesté.
Certes, face à eux l’équipe catalane s’est bien battue j’ose le dire, surtout les avants qui n’ont rien lâché à l’image du ravageur Rémi Casty suant sang et eau et du côté des trois-quarts le bondissant Clint Greenschields, même si des voix s’élèvent pour dire que celui-ci, ou celui-là a été un ton en deçà de ce que l’on attend de lui en règle générale.
Certes il y eut des fautes, des cafouillages, de la fébrilité, des actions vendangées de la part des Dragons Catalans qui même s’ils ne sont pas exempts de reproches sont très loin d’être bons à jeter aux orties.
Certes il y eut de la vitesse et un jeu bien huilé terni par les tricheries grossières et pitoyables dont un très mauvais geste de la part du premier de la classe.
Certes, certes et il y a moi qui n’étant liée ni bridée par qui que ce soit tiens à saluer la performance fort obscure et impénétrable pour qui connaît un tant soit peu les règles les plus élémentaires du rugby à 13 de Mr Child, James Child officiant au sifflet et déclenchant la ire consternée des aficionados de Gilbert Brutus qui se demandaient incrédules si dans leur dos, à la sauvette ou à l’arrache un nouveau règlement n’avait pas vu le jour pour ce seul match.
Certes, j’ai bien failli mordre de rage, de dépit ou de tout ce que vous voulez mon éventail ce qui aurait été dommageable au vue de la canicule qui sévissait dans le stade en travaux.
Certes, on a renversé de la bière sur ma jolie robe d’été.
Certes, que vous dire de plus si ce n’est qu’il s’agissait encore et encore d’un match simplement ordinaire à Gilbert Brutus et je ne sais pas si je dois en rire où en pleurer.
18:05 Publié dans humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dragons catalans, warriors, wigan, superleague, gilbert brutus, perpignan, rugby a 13, casty
24.06.2010
JEUNES FILLES EN BIKINI
LES JEUNES FILLES EN BIKINI
Détrompez vous il ne s’agit en rien de mode, de plage, de bronzage, d’atoll, de Brigitte Bardot ou encore d’Ursula Andress, non il s’agit simplement de jeunes filles jouant au ballon, de jeunes gymnases plus précisément.
Jeunes, oui par leur physique magnifique et déjà avant-gardistes car porteuses du très célèbre et minimaliste maillot qui bouleversa et continue à bouleverser tous les hommes de la terre.
Cependant pour les rencontrer il est trop tard, ces jolies et sveltes sportives ne sont plus parmi nous depuis fort longtemps. Et oui elles ont élu demeure pour l’éternité à la Villa Casale près du village de Piazza Armerina en Sicile.
C’est d’ailleurs là-bas que je les ai rencontrées il y a cinq ans lors d’un voyage qui m’a emmenée aux quatre coins de cette île brûlante et passionnée.
Les Jeunes Filles en Bikini est le nom donné à une mosaïque du IIIème siècle après JC, une mosaïque miraculeusement bien conservée qui nous donne une image simple et presque naïve de scènes de la vie antique (scènes de chasse, courses de chars, scènes d’amour,…). Cette mosaïque, Les Jeunes Filles en Bikini dans son intégralité, représente une dizaine de jeunes filles qui soit pratiquent un sport (course, jeu de balles, haltères), soit reçoivent des récompenses pour leurs performances.
Pourquoi je vous parle d’elles ?
Et bien il m’a semblé que même si il ne faut pas vivre dans le passé, il arrive qu’on puisse chercher en lui des réponses où tout au moins un apaisement, peut-être un début de réflexion. En cette période nauséabonde et glauque qui touche le football professionnel et qui ébranle les certitudes des uns et des autres en ce qui concerne les valeurs morales que l’on se doit d’attendre avec raison d’un sportif de haut niveau, chacun ne peut que s’interroger sur sa relation avec le sport en général, où sur son vécu autour du sport. Je n’ai pas joué au foot ni au rugby, mais j’ai joué au basket en club et en scolaire et je connais le sens du mot équipe. Entre filles la volonté de gagner est au moins aussi forte que chez les garçons, je pense même qu’elle a un sens très symbolique qui n’est en rien lié à l’argent ou à la notoriété : gagner chez les filles c’est lutter encore et toujours et ce depuis des millénaires pour affirmer que l’on est les égales des garçons. Lorsque l’on sait la difficulté du sport féminin à s’exprimer, trouver des sponsors, des équipements dignes de ce nom, (surtout les sports collectifs) face aux grosses écuries masculines en général on se rend bien compte qu’il est toujours considéré comme un accessit de bienséance.
Je ne sais trop alors à quel moment de ma réflexion j’ai pensé à elles, à ces Jeunes Filles en Bikini, les circonstances, le dégoût face à cette pantomime gesticulatoire qui dénigre les sports de balle, de ballon, de boules qui se jouent au pied, à la main ou les deux à la fois, ou encore avec un objet qui prolonge la main.
Tous ces sports dont les ancêtres s’appelaient : episkyros, harpastum, soule, caid et je ne peux les citer tous, outre la rugosité avérée voire mortelle de ces pratiques antiques, il n’en demeure pas moins que leur rôle était d’une part initiatique et d’autre part faisait de leurs pratiquants des Hommes et non des veules.
Alors ces Jeunes Filles en Bikini qui jouent à la balle avec tant de grâce mais avec constance, je les trouve si vraies, si pures, si humaines malgré les siècles, cadeau inestimable d’un artiste anonyme, bouffée de légèreté dans ce cloaque médiatico-policito-footballistique qui laissera longtemps un goût amer à ceux qui aiment le sport pour le sport et qui le pratique et le vive avec amour et non pas avec cupidité.
D’ailleurs, si par aventure ces Jeunes Filles en Bikini revenaient à la vie, elles nous mépriseraient.
22:47 Publié dans humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : villa casale, piazza armerina, jeunes filles en bikini, sport collectif, rugby, foot, coupe du monde, sport féminin






